Mots-clés : Aviation, Environnement et énergie
Le World Air Transport Forum s’est terminé sur un bel alignement de points d’interrogation.
Ceux qui n’y avaient pas encore perdu leur latin l’ont abandonné intentionnellement dans la grande salle de l’hôtel Intercontinental de Paris qui a accueilli le 17e World Air Transport Forum : pour aller droit au but, disons que les transports aériens ont confirmé qu’ils marchent sur la tête, leurs difficultés actuelles, gravissimes, faisant l’objet d’analyses et d’interprétations contradictoires et inconciliables. Il faudrait être intellectuellement malhonnête pour prétendre être capable de trouver son chemin dans cet imbroglio. Le WAF vient de le confirmer et, s’il a fait œuvre utile, c’est en réunissant de grands spécialistes tous entièrement d’accord pour reconnaître qu’ils ne savent plus où ils en sont, où ils vont.
On retiendra tout d’abord que l’or noir donne des idées noires à tout le monde. D’autant qu’en «petit» comité [ajouter] (près de 400 personnes tout de même), les langues se délient. Ainsi, Loïk Le Floch Prigent a asséné deux
informations d’importance cruciale, pour autant qu’elles soient crédibles. L’ancien patron d’Elf a tout d’abord affirmé que les transports aériens ont accès à des réserves de pétrole suffisantes pour 150 ans de bon fonctionnement et de croissance. Oui, un siècle et demi. Dans ces conditions, il devient idiot de demander comment les compagnies rempliront les réservoirs de leurs A380 dans 50 ans. Elles iront tout simplement à la
pompe, comme aujourd’hui. Ayant entendu cela, on se prépare tout simplement à exprimer son grand soulagement, en se disant hypocritement qu’on abordera le débat environnemental une autre fois, après s’être refait une santé. Que nenni ! Le même Le Floch Prigent, sans reprendre son souffle, a aussi dit que le baril sera à 200 dollars dans les 5 ans. Deux cents dollars…
Dès lors, voici les dirigeants de compagnies secrètement honteux d’avoir exprimé leur satisfaction, urbi et orbi, en voyant le pétrole redescendre ces jours-ci à 60 dollars. Ce serait un niveau tout à fait anormal et bel et bien provisoire. L’analyse se complique à partir du moment où l’on veut bien admettre qu’il est indispensable que le pétrole coûte très cher pour que d’importantes réserves difficiles et coûteuses d’accès viennent enrichir les éserves
prouvées. De plus, il s’agit de la condition sine qua non pour justifier des efforts technologiques en faveur d’énergies de substitution. En marge de ce constat, mieux valait se boucher les oreilles quand Jean-Christophe Victor, fondateur du Laboratoire d’études politiques, évoquait les risques géopolitiques et terroristes qui planent sur les approvisionnements en or noir. Comment le monde, transport aérien compris, a-t-il pu se mettre dans un tel pétrin ?
Lire la suite
D'autres articles sur le même sujet
- Virgin effectue un premier vol avec du biocarburant - 25/02/08
- Tchernobyl, une catastrophe commodément oubliée? - 14/02/09
- Un trou dans le fuselage d'un 747 sème la panique - 25/07/08
- L'avenir le plus sombre - 26/06/08
- Du 27 au 29-07-2008: La semaine de l'énergie - 23/06/08



Suivez les commentaires
→ plus de commentaires