Mots-clés : Environnement et énergie, CO² et gaz à effet de serre, Réchauffement climatique
L'augmentation des concentrations de CO2 et d'autres gaz à effet de serre dans l'atmosphère, résultant dans une large mesure de la combustion d'énergie fossile, contribue à l'élévation des températures mondiales et au changement climatique. La consommation croissante de combustibles fossiles continuera à faire augmenter les émissions mondiales de CO2 liées à l'énergie durant la période considérée. Dans le scénario de référence, les émissions progressent très sensiblement, la hausse étant de 57 % entre 2005 et 2030. Les États-Unis, la Chine, la Russie, et l'Inde contribuent pour les deux tiers à cet accroissement. En 2030 la Chine est de loin le pays qui rejette le plus de ces émissions supplémentaires ; et elle devance en fait les États-Unis pour occuper le premier rang dès 2007. L'Inde devient le troisième émetteur vers 2015. Néanmoins, les émissions par habitant de la Chine en 2030 ne représentent que 40 % de celles des États-Unis, et deux tiers environ de celles de l'ensemble des pays de l'OCDE dans le scénario de référence. En Inde, les émissions par habitant restent loin derrière celles de la zone de l'OCDE, même si elles progressent plus vite que dans presque toutes les autres régions.
Il est urgent d'agir si l'on veut que les concentrations de gaz à effet de serre se stabilisent à un niveau permettant d'éviter une interférence dangereuse avec le système climatique. Le scénario de politiques alternatives montre que les mesures actuellement envisagées par les gouvernements partout dans le monde pourraient aboutir à une stabilisation des émissions mondiales au milieu des années 2020, et les réduire de 19 % à l'horizon 2030 par rapport au scénario de référence. Les émissions de la zone de l'OCDE atteignent leur maximum et commencent à diminuer après 2015. Les émissions mondiales resteront pourtant supérieures de 27 % à celles de 2005. Si la baisse des émissions se poursuit après 2030, les projections du scénario de politiques alternatives vont dans le sens d'une stabilisation à environ 550 parties par million (ppm) de la concentration atmosphérique à long terme de gaz à effet de serre exprimée en équivalents CO2. Selon les meilleures estimations du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), cette concentration correspondrait à une élévation de la température moyenne de quelque 3 ºC en regard du niveau de l'ère préindustrielle. Pour limiter à 2,4 ºC au maximum la hausse moyenne des températures mondiales - à savoir, la plus faible de tous les scénarios du GIEC - la concentration de gaz à effet de serre dans l'atmosphère devrait être stabilisée à environ 450 ppm. Pour y parvenir, les émissions de CO2 devraient culminer en 2015 au plus tard, puis être ramenées à une proportion comprise entre 50 % et 85 % au dessous des niveaux de 2000 à l'horizon 2050. Nous estimons qu'il faudrait, à cet effet, faire diminuer les émissions de CO2 liées à l'énergie pour qu'elles s'établissent à quelque 23 Gt en 2030 - soit 19 Gt de moins que dans le scénario de référence et 11 Gt de moins que dans le scénario de politiques alternatives. Dans un " scénario de stabilisation à 450 ppm ", qui décrit une trajectoire théorique pour concrétiser ce résultat, les émissions mondiales sont à leur plus haut niveau en 2012, à environ 30 Gt. Les émissions évitées sont imputables à une utilisation plus rationnelle des combustibles fossiles dans l'industrie, les bâtiments et les transports, à l'augmentation de la part relative de l'énergie nucléaire et des énergies renouvelables, ainsi qu'à la généralisation du recours à la technologie de captation et de stockage du CO2 (CSC) dans la production d'électricité et l'industrie. Pour que ce scénario devienne réalité, il faudra une action des pouvoirs publics exceptionnellement rapide et vigoureuse dans tous les pays, et des avancées technologiques sans précédent, dont le coût sera très important.
L'action des pouvoirs publics doit en priorité réfréner la vive croissance des émissions de CO2 des centrales à charbon - principale cause de la forte hausse des émissions mondiales de ces dernières années. L'efficacité énergétique et les économies d'énergie devront jouer un rôle essentiel pour maîtriser la demande d'électricité en forte croissance et réduire les quantités de combustibles utilisés pour produire l'électricité. L'énergie nucléaire et les énergies renouvelables peuvent également contribuer dans une large mesure à la diminution des émissions. La technologie du charbon propre, y compris la CSC, est l'une des voies les plus prometteuses pour limiter les émissions à long terme - surtout en Chine, en Inde et aux États-Unis, où la consommation de charbon croît le plus rapidement. La CSC permettrait de concilier la poursuite de l'utilisation du charbon avec la nécessité de réduire les émissions à long terme - si la démonstration de la technologie peut se faire à grande échelle et que des incitations appropriées à l'investissement sont mises en place.
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