Mots-clés : Gouvernement fédéral belge, Région wallonne, Aviation
La marche arrière du gouvernement fédéral sur le dossier de la taxe sur les billets d’avion n’est pas un épisode anodin. J’ai rarement vu un cas aussi clair de mauvaise gouvernance et, dans un tel contexte, il est hélas logique qu’une bonne idée finisse aussi mal.
Expliquons d’abord pourquoi c’était une bonne idée. Pour qu’une économie de marché fonctionne correctement, il faut faire en sorte que les personnes et les entreprises se comportent non seulement en fonction de leurs intérêts individuels mais aussi qu’elles prennent en compte l’intérêt collectif dans leurs décisions. Il faut donc leur faire percevoir le coût pour la société de certains comportements nuisibles et, à l’inverse, les encourager à avoir des comportements qui peuvent profiter à la société tout entière. Sur le sujet qui nous occupe, le transport aérien génère des nuisances – la pollution – qui ne sont pas mises à charge des utilisateurs : ceux-ci sont donc amenés à prendre des « mauvaises » décisions, en ce sens que si elles paraissent logiques à chacun d’entre nous sur base des prix en vigueur, elles ont un coût pour la société et chacun, maximisant son intérêt individuel, va à l’encontre de l’intérêt collectif. Dans le vocabulaire des économistes, le « prix social » est trop bas.
La raison majeure en est l’absence de taxation du kérosène. Agir directement à ce niveau est impossible : la taxation du kérosène pour les vols internationaux est interdite par une convention internationale qui n’est modifiable qu’à l’unanimité des parties contractantes. Le lobby du secteur a déjà sévi plus d’une fois !
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