Mots-clés : Aviation
Pendant le deuil, la récession continue. Pire, elle s’aggrave et suscite une inquiétude croissante. Pour qui en douterait, l’IATA, constamment porteuse de mauvaises nouvelles, révèle qu’elle a revu ses prévisions à la baisse : le groupement professionnel estime que ses 230 membres afficheront cette année des pertes de 9 milliards de dollars, deux fois plus que prévu précédemment.
Bien sûr, il convient de relativiser cette sombre perspective et de la mettre en contexte. Les compagnies membres de l’IATA (qui assurent 93% du trafic international, charters mis à part) réalisent un chiffre d’affaires annuel de 500 milliards de dollars environ, ce qui revient à dire que les pertes annoncées correspondent à moins de 2% de leurs recettes. Sachant que le secteur est dominé par son caractère cyclique, on peut affirmer que la situation est grave sans être désespérée.
Dans la foulée des chocs pétroliers, après la première guerre du Golfe ou encore au lendemain des attaques terroristes de septembre 2001, l’industrie des transports aériens a déjà connu des moments difficiles qui l’ont conduite à afficher des pertes spectaculaires. Elle s’en est remise, a remonté la pente mais pour replonger aussitôt apparu le problème conjoncturel ou géopolitique suivant. L’affolement n’est donc pas de mise, pour cause de relative accoutumance. Si l’on ose dire…
Cela étant, les difficultés actuelles apparaissent désormais comme les plus graves de toutes, aussi loin que remonte la mémoire. Au-delà des pertes financières, c’est l’ampleur du recul du trafic qui inquiète, environ 10%, tous réseaux confondus. Les chiffres de mai confirment que la descente aux enfers n’est pas terminée, les compagnies les mieux gérées ne faisant pas exception.



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